
J'aurais préféré glisser vers la neurasthénie plutôt que d'avoir à vous avouer ça mais, derrière des dehors trop parfaits, la plupart des hommes cache un monstre à trois têtes. Et c'est bien connu, la recherche de l'âme soeur est un imposteur qui n'est que prétexte à faire monter sa sauce. Nous ratissons tous la ville à la recherche du parfait spécimen de l'élégance et du savoir-vivre mais sommes-nous impatients de le trouver au point d'estimer la marchandise avant d'envisager sa consommation? Il est vrai que coucher le premier soir permet de prendre conscience des problèmes sexuels qui pourraient intervenir dans la relation et ainsi d'éviter les ruptures les plus évidentes. Mais n'aurions-nous pas l'impression de sortir avec un joueur de balles?
Je vais vous raconter une histoire. Un soir, en discothèque et sous l'effet d'extasy, je me suis laissé aller à quelques débauches avec trois hommes différents. Ou peut-être quatre. Jusque là, rien de bien scandaleux mais lorsque les effets de l'alcool bon marché avait commencé à s'estomper, je ne tardais pas à m'inquiéter de la tournure qu'avaient pris les événements. Je me sentais réellement attiré par un beau New-Yorkais. Il s'appellait Tim, avait une conversation intéressante et n'avait pas posé une seule fois le regard sur mes fesses. Malheureusement, même si je n'étais pas résolu à accepter l'échec, il était impossible de supprimer toutes les preuves qui faisaient de moi le pire des catins. J'avais été pris par un appareil photo jetable bien avant de découvrir que j'étais jetable moi aussi. Dans l'affaire "J'avais la bouche plutôt remplie", le verdict était tombé; j'étais coupable sur toute la ligne. Après cette défaite, quatre cigarette et une utilisation abusive de ma carte d'étudiant, je me retrouvai seul et quasi inconsolable devant un film intitulé à juste titre "L'Enfer".
Je mis une journée à m'en remettre; c'est à dire un changement de nom, de numéro de téléphone, d'adresse et de boulot en me disant qu'ils étaient tous des minables. Ensuite, je me remis sur le marché en ne craignant plus que ma mauvaise influence ne reprenne le dessus. Après tout, il y avait encore un tas de psychopates qui attendaient que je me paie leur tête, plein de rustres tyranniques qui ne savaient toujours pas se contrôler et je me disais le coeur battant et la tête pleine d'espoir qu'en attendant l'homme parfait, je pouvais toujours chercher le chien idéal...